LethĆØme disco. Ce n’est pas un hasard s’il s’agit lĆ  d’une des thĆ©matiques les plus utilisĆ©es pour les soirĆ©es dĆ©guisĆ©es. Ressors la boule Ć  facettes, les pantalons Ć  paillettes, et c’est parti ! Les annĆ©es 1970 font partie des dĆ©cennies les plus festives du siĆØcle dernier. AhThĆ©rĆØse, ZĆ©zette, FĆ©lix, Katia, Pierre La troupe lĆ©gendaire du PĆØre NoĆ«l est une ordure reste une boussole fiable sur la carte de la comĆ©die populaire. Guillaume Poix nous en promet une LĆ  intriguĆ©s par autant de munificence, nous aurions dĆ» partir. Pourtant, ZĆ©zette du pĆØre NoĆ«l est une ordure, un espĆØce de grand gars affublĆ© d'un bide de femme enceinte et d'une jupette Ć  carreaux, rouges et bleus, nous ayant accueillis DĆ©guisementle pĆØre noĆ«l est une ordure Il y a 23 produits. Trier par : Pertinence Affichage 1-23 de 23 article (s) DĆ©guisement ZĆ©zette Ć©pouse X 22,90 € Dentier ZĆ©zette Ć©pouse X 2,10 € Ventre ZĆ©zetteet Pierre dans Ā« Le pĆØre noĆ«l est une ordure Ā» - Tu es mon ami ? - Euh oui allez je suis votre ami. - Alors tu veux faire sexytime avec moi ? - Non je ne veux pas faire sexytime avec vous, allez, regardez la route. - Mais pourquoi ? Borat et le moniteur d'auto Ć©cole dans Ā« Borat Ā» Tout le monde sur Terre a besoin de quelqu'un sur qui compter ; que ce soit une accompagnatrice tWuG. Le PĆØre NoĆ«l est une ordure Théâtre piĆØce de théâtre de 1h56minRĆ©veillon agitĆ© Ć  la permanence de SOS dĆ©tresse-amitié», prise d'assaut par toutes sortes de malheureux en mal d'affection, parmi lesquels un dangereux PĆØre Le PĆØre NoĆ«l est une ordureSynopsisFĆ©lix, moitiĆ© clochard, moitiĆ© ivrogne, s'est querellĆ© avec ZĆ©zette, son amie enceinte jusqu'aux dents, qu'elle a d'ailleurs proĆ©minentes. ZĆ©zette vient se rĆ©fugier au local de SOS dĆ©tresse-amitié», où ThĆ©rĆØse et Pierre assurent la permanence en cette belle nuit de NoĆ«l. Une deuxiĆØme Ć¢me en peine, Katia, un travesti dĆ©sespĆ©rĆ©, vient Ć©galement y chercher un peu de chaleur humaine. Mais FĆ©lix n'a pas dit son dernier mot et veut rĆ©cupĆ©rer ZĆ©zette. Tandis que ThĆ©rĆØse et Pierre poursuivent leur flirt et dĆ©crochent de plus en plus rarement le tĆ©lĆ©phone, FĆ©lix, revĆŖtu d'un dĆ©guisement de PĆØre NoĆ«l, surgit l'arme au poing dans les locaux de SOS dĆ©tresse-amitié»... La vie est belle 1946 Le NoĆ«l gĆ©nĆ©reux La vie est belle 1946 Le NoĆ«l gĆ©nĆ©reux L'esprit de NoĆ«l habite tout entier ce chef d'oeuvre de Capra dans lequel James Stewart campe un homme poussĆ© au suicide par la faillite de la petite banque qu'il dirige et sauvĆ© par l'intervention d'un ange envoyĆ© sur terre pour lui venir en aide. Un monument de gĆ©nĆ©rositĆ© et d'humanitĆ© que son interprĆØte central a toujours considĆ©rĆ© comme le plus grand film de sa carriĆØre. On ne le contredira pas. DR Le pĆØre noĆ«l est une ordure 1982 Le NoĆ«l burlesque Le pĆØre noĆ«l est une ordure 1982 Le NoĆ«l burlesque AdaptĆ©e de leur piĆØce dont le titre original Ć©tait Le pĆØre NoĆ«l s'est tirĆ© une balle dans le cul, cette irrĆ©sistible comĆ©die de la troupe du Splendid raconte les aventures forcĆ©ment farfelues vĆ©cues par la permanence tĆ©lĆ©phonique parisienne de SOS AmitiĆ©s, la nuit du 24 au 25 dĆ©cembre. Devenu culte au fil du temps grĆ¢ce Ć  des dialogues et des scĆØnes inĆ©narrables du pull- serpilliĆØre Ć  ZĆ©zette Ć©pouse X, il fut accueilli avec plus de rĆ©ticences Ć  sa sortie. DR Gremlins 1984 Le NoĆ«l effrayant Gremlins 1984 Le NoĆ«l effrayant Attention Ć  vos choix de cadeaux pour NoĆ«l! Cet inventeur amĆ©ricain un peu farfelu croyait ainsi bien faire en dĆ©nichant pour son fils un Mogwai, petite crĆ©ature Ć  fourrure Ć  qui on donnerait le bon Dieu sans confession. On l'a juste prĆ©venu qu'il ne fallait ni lui donner Ć  boire, ni Ć  manger aprĆØs minuit... sous peine de transformations effrayantes. Et mal en prendra Ć  son fils qui n'en fera qu'Ć  sa tĆŖte. Ce film de Joe Dante, sorti en France juste avant le NoĆ«l 84, deviendra culte et donnera lieu Ć  une suite six ans plus tard. DR PiĆØge de cristal 1988 Le NoĆ«l haletant PiĆØge de cristal 1988 Le NoĆ«l haletant Pas de vacances pour John McLane! Ce policier new- yorkais pensait passer un NoĆ«l tranquille avec sa famille Ć  Los Angeles quand le building où travaille son ex- femme est pris d'assaut par des terroristes.... Dans le rĆ“le du hĆ©ros malin aux gros bras refusĆ© par Schwarzenegger, Stallone et Richard Gere, Bruce Willis crĆØve l'Ć©cran et reviendra sauver le monde Ć  trois reprises en 90 58 minutes pour vivre, 97 Une journĆ©e en enfer et 2007 Die Hard 4- Retour en enfer. DR L'Ć©trange noĆ«l de M. Jack 1993 Le NoĆ«l animĆ© L'Ć©trange noĆ«l de M. Jack 1993 Le NoĆ«l animĆ© Quand un Ć©pouvantail aux allures de squelette vivant Ć  Halloween dĆ©couvre par hasard la ville de NoĆ«l, que croyez vous qu'il fait ? Il essaie d'exporter ce joyeux moment dans sa propre citĆ©. Produit par Tim Burton -qui retravaillait Ć  cette occasion pour les studios Disney qu'il avait quittĆ©s en 84, juste avant de rĆ©aliser les aventures de Pee Wee -, ce film est le premier long signĆ© Henry Sellick, auteur depuis de trois films, dont le sublime Coraline en 2009. DR Elfe 2002 Le NoĆ«l hilarant Elfe 2002 Le NoĆ«l hilarant A la maniĆØre du Mowgli du Livre de la Jungle, Buddy a Ć©tĆ© Ć©levĆ© par les lutins du PĆØre NoĆ«l aprĆØs qu'il ait Ć©tĆ© abandonnĆ©, bĆ©bĆ©, par ses parents. Devenu adulte avec une corpulence qui dĆ©tonne au milieu de ce mini- monde, il dĆ©cide de partir pour New-York Ć  la recherche de son pĆØre... Devant la camĆ©ra de Jon Favreau, le futur rĆ©alisateur d'Iron Man, Will Ferrell distillait ici une de ses compositions farfelues et hilarantes dont il a le secret, au cĆ“tĆ© de James Caan et de Zooey Deschanel qui pousse dĆ©licieusement la chansonnette. DR Love actually 2003 Le NoĆ«l amoureux Love actually 2003 Le NoĆ«l amoureux Ce film choral rappelle que les coeurs aiment s'emballer un peu plus fort au moment de NoĆ«l. Dans ce premier long mĆ©trage de Richard Curtis, le scĆ©nariste de Quatre mariages et un enterrement, on croise une rock star has been, un Ć©crivain tout juste larguĆ© par sa petite amie, un Premier Ministre qui tombe amoureux de sa collaboratrice, un enfant sous le charme d'une de ses camarades de classe, un couple au bord de l'implosion, deux doublures de film porno en plein coup de foudre... Un dĆ©licieux bonbon tout Ć  la fois sucrĆ© et acidulĆ©. DR Bad Santa 2004 Le NoĆ«l trash Bad Santa 2004 Le NoĆ«l trash Le pĆØre NoĆ«l peut parfois ĆŖtre une rĆ©jouissante ordure... quand il prend les traits de Billy Bob Thornton qui, affublĆ© du fameux dĆ©guisement, il dĆ©cide de cambrioler le magasin qui l'emploie avec l'aide de son collĆØgue nain pour le meilleur et surtout pour le pire. Cette comĆ©die hilarante Ć  l'humour noir dĆ©capant, produite par les frĆØres Coen, a eu les honneurs d'une sĆ©lection hors compĆ©tition Ć  Cannes. Et le premier acteur envisagĆ© pour jouer ce vrai faux PĆØre NoĆ«l alcoolo fut Bill Murray qui se dĆ©sista pour aller tourner Lost in translation. DR Un conte de NoĆ«l 2008 Le NoĆ«l acide Un conte de NoĆ«l 2008 Le NoĆ«l acide Arnaud Desplechin met en scĆØne la rĆ©union d'une famille aux liens distendus voire farouchement hostiles lors d'un rĆ©veillon de NoĆ«l qui se rĆ©vĆØlera explosif. Une vision assez acide de ces fameux grands rassemblements traditionnels de ces fins d'annĆ©e, lieux idĆ©aux pour des rĆØglements de compte en cascade. Injustement reparti bredouille de Cannes Ć  l'exception d'un nĆ©buleux prix pour l'ensemble de sa carriĆØre Ć  Catherine Deneuve, ce film a nĆ©anmoins valu Ć  Jean-Paul Roussillon, disparu depuis, un CĆ©sar du second rĆ“le. DR The Children 2009 Le NoĆ«l sanglant The Children 2009 Le NoĆ«l sanglant Ah, la fameuse trĆŖve des confiseurs! Celle dont rĆŖvaient les deux familles hĆ©roĆÆnes de ce long mĆ©trage de Tom Shankland, venues chercher un havre de paix dans une maison de campagne qu'elles imaginaient comme le parfait terrain de jeu pour leurs enfants. Jusqu'Ć  ce que l'innocence apparente de ces chĆØres petites tĆŖtes blondes se transforme en violence sanglante et sans limite. Un des sommets du cinĆ©ma d'angoisse de ces derniĆØres annĆ©es. DR Les plus lus OpinionsLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain FortLa chronique du Pr Gilles PialouxPar le Pr Gilles PialouxLa chronique de Pierre AssoulinePierre AssoulineEditoAnne Rosencher La piĆØce de théâtre Le PĆØre NoĆ«l est une ordure, autant que le film qui en a Ć©tĆ© tirĆ©, est bien vite passĆ©e au niveau du culte, voire du phĆ©nomĆØne culturel. C'est toute une gĆ©nĆ©ration qui se retrouve dans les personnages sublimes et drĆ“les, caustiques et attachants qu'elle dĆ©peint. Entre ThĆ©rĆØse AnĆ©mone, la bourgeoise un peu coincĆ©e, et Monsieur Mortez Thierry Lhermite aux talents de peintre disons peu orthodoxes, Katia Christian Clavier le travesti esseulĆ© et Monsieur Preskovitch et son fameux kloug, ZĆ©zette Marie-Anne chazel et FĆ©lix GĆ©rard Jugnot le couple maudit, les rĆ©parties fusent et les situations s'enchaĆ®nent au cours de cette nuit de NoĆ«l mĆ©morable. Katia Qu'est-ce que c'est que Ƨa, ZĆ©zette Ć©pouse X ? Josette ZĆ©zette, Ć©pouse X. Katia Ah pardon ! Josette Vous savez pas lire ? LĆ , c'est Ć©crit en tout petit, il y a Ć©crit pour les femmes mariĆ©es ou veuves, mettre le nom de jeune fille suivi de deux points Ć©pouse X ou veuve Y. Alors moi j'ai marquĆ© ZĆ©zette Ć©pouse X. Katia Et ZĆ©zette, c'est qui ? Josette ZĆ©zette, c'est moi, c'est comme Ƨa qu'on m'appelait quand j'Ć©tais petite. C'est mon nom de jeune fille ! Katia Et X ? Vous ĆŖtes mariĆ©e Ć  X ? Josette Eh bien non, je ne suis pas mariĆ©e, mais je prĆ©fĆØre pas leur dire parce que je suis enceinte jusqu'aux dents, Ƨa fait mauvais genre. ƀ la lecture de la piĆØce, les images et les intonations des acteurs reviennent vite en mĆ©moire et l'on retrouve vite toute son ambiance mĆ©chamment drĆ“le. Le PĆØre NoĆ«l est une ordure Ć©ditions Actes Sud, 2000, 64 pages a Ć©tĆ© crƩƩe en 1979 pour le théâtre et adaptĆ©e pour le cinĆ©ma en 1982 par Jean-Marie PoirĆ©. Le Petit PaumĆ© - Edition 1998/1999 - City-Guide de LyonPublished on Oct 23, 2014No descriptionLe Petit PaumĆ© Un poste de police. Un tĆŖte-Ć -tĆŖte, en garde Ć  vue, entre un commissaire et son AVEC QUENTIN DUPIEUX AU POSTE! semble eĢ‚tre un film sur la banalité, le quotidien. Ce commissariat dépeuplé, la nuit, dégage aussi un imaginaire treĢ€s français. C’est d’ailleurs aussi votre premier vrai film français. Le quotidien, l’anodin, c’est un peu la note que je cherchais, et il y avait aĢ€ l’origine du projet une grosse envie de France, effectivement. J’ai pu expérimenter des choses treĢ€s intéressantes dans les quatre films que j’ai tournés aux États-Unis, mais quand j’ai dirigé Alain Chabat et Jonathan Lambert en français dans RÉALITÉ, je me suis rendu compte que j’étais bien plus aĢ€ ma place pour maiĢ‚triser le langage et construire des personnages en profondeur. Je me suis senti plus efficace, plus capable, par le simple fait de parler dans ma langue et par la culture commune que je partage avec Chabat et Lambert. Mes films américains se sont faits un peu au détriment de ma plume. Creuser dans une langue que je comprends parfaitement, comme je le fais avec AU POSTE !, me permet d’avoir une palette plus étendue. C’est un peu comme si je découvrais les deux comédiens principaux, Grégoire Ludig et BenoiĢ‚t Poelvoorde, ont un jeu plutoĢ‚t sobre. MeĢ‚me quand Grégoire Ludig regarde la main sortir du casier, son regard n’est pas hystérique, c’est presque nonchalant. Ça, c’est une autre note du film. Je voulais que Grégoire Ludig incarne une sorte de Monsieur Tout-le-monde. Je l’avais vu dans un film de Marion Vernoux, ET TA SŒUR, et j’avais été saisi par sa capacité aĢ€ eĢ‚tre réel. Il est treĢ€s généreux, d’autant plus que dans AU POSTE!, il n’a pas forcément le roĢ‚le le plus excitant, celui qui a la bonne vanne au bon moment. Je voulais éviter de tomber dans l’empilage de sketchs. Avec BenoiĢ‚t comme avec Grégoire, deĢ€s que ça sonnait trop écrit, que ça semblait de la blague pour la blague, on enlevait des choses, on rendait ça plus quotidien, normal. La gamme de BenoiĢ‚t est phénoménale. Il est souvent employé pour la partie haute de cette gamme, quand il joue son personnage un peu gueulard. Mais il sait faire une infinité de film fait penser aux années 70, aĢ€ travers les tons beiges, le choix des lieux, le genre du film aussi... Le film n’est pas un pastiche, ce n’est pas une relecture des seventies. C’est un magma de tout un tas de choses. Je cherche toujours aĢ€ faire un objet qui soit un monde total. La direction artistique et les décors de ma femme Joan y sont également pour beaucoup ; tous ces choix visuels qui donnent au final ce look au film se font aĢ€ était l’idée de départ du récit? J’avais une grosse envie de filmer du dialogue, de faire un film aĢ€ texte, sans doute parce que j’étais légeĢ€rement frustré par mes films américains de ce point de vue-laĢ€. Or c’est de laĢ€ que je viens, depuis mes courts-métrages et STEAK. Les personnages bavardent beaucoup dans mes films!Vos films américains sont davantage dans une sorte de plasticité presque un peu cartoon, alors qu’AU POSTE! est un vrai film aĢ€ texte. C’est laĢ€ ouĢ€ la banalité m’intéresse. C’est lié au réalisme, mais aussi au fait de redonner du corps aĢ€ mes personnages aĢ€ travers le texte. On remodelait le film en changeant une virgule ou en ajoutant trois lignes. Sur mes films américains, il y avait moins de nuances. Quand un comédien n’arrivait pas aĢ€ donner ce que je voulais, c’était treĢ€s compliqué de réécrire rapidement. AU POSTE! s’est fait dans une réécriture permanente. Trois mots en plus ou en moins changeaient toute la sceĢ€ne. J’ai eu envie que les personnages soient plus incarnés, humains, réels, avec des traits de caracteĢ€re. Je pense que je viens d’ouvrir une nouvelle période de mon cinéma. Je la vois se blague entre aller-retourĀ» plutoĢ‚t que va-et- vientĀ», c’est une chose qu’on ne peut imaginer que lorsqu’on a une parfaite connaissance de la langue française. Et c’est la meĢ‚me chose sur le sentiment du quotidien que dégagent ces moments ouĢ€ la femme de Grégoire Ludig s’endort aĢ€ ses coĢ‚tés, ouĢ€ la voisine ouvre la porte, ouĢ€ il fait semblant de fumer parce qu’il est seul. Oui, je crois que c’est inédit chez moi et ça va avec mon retour en France. Je vais forcément me mettre aĢ€ parler de trucs que je connais. On n’est plus uniquement dans le fantasmagorique, ouĢ€ un mec mort peut revenir trois sceĢ€nes plus tard. DeĢ€s que je commence aĢ€ tourner en rond, treĢ€s naturellement, sans meĢ‚me y penser, j’ai toujours envie d’injecter de nouveaux éléments. Sinon, je m’ennuie. Pendant longtemps, je m’amusais aĢ€ rajouter aĢ€ chaque nouveau film, un élément supplémentaire de la grammaire cinématographique. Aujourd’hui, je viens tout simplement d’injecter encore un nouvel élément le aussi votre premier film nocturne. J’ai longtemps été aĢ€ l’aise aĢ€ l’extérieur, avec ce grand ciel bleu de Californie et cette lumieĢ€re pour laquelle j’avais une vraie fascination. J’ai eu envie de faire l’inverse. Et c’était un bonheur total de tout penser saisissez bien cette sensation de la nuit. C’est une nuit de bars encore ouverts mais quasi vides, des commissariats ouĢ€ la nuit semble tout figer dans le temps. En meĢ‚me temps, vu que votre cinéma est quand meĢ‚me lié aĢ€ la reĢ‚verie, ça paraiĢ‚t presque logique que vous vous confrontiez aĢ€ la nuit. Oui, il reste quelque chose du reĢ‚ve, ça plane encore. Mais le but, c’est aussi d’eĢ‚tre un peu moins seul dans mon monde de reĢ‚ves. En travaillant davantage les personnages, en racontant un truc un peu plus ancré, je crois qu’on peut emmener les gens un peu plus loin. Quand on part du postulat d’un pneu qui roule tout seul comme dans RUBBER, le truc dingue est déjaĢ€ posé. ApreĢ€s, il n’y a plus qu’aĢ€ dérouler l’idée. Le poumon qui fume de BenoiĢ‚t, c’est un gag intégré aĢ€ la réalité meĢ‚me, non aĢ€ un truc entieĢ€rement réussissez aĢ€ inventer de nouvelles figures aĢ€ partir d’acteurs qu’on a vus dans plein de films. On n’a jamais vu Anaïs Demoustier comme ça par exemple, pour des questions capillaires, bien suĢ‚r, mais aussi pour son jeu. Le conditionnement se fait beaucoup par le scénario. Il contient toujours quelque chose qui permet au comédien de se projeter dans un ailleurs. C’est ce qu’ils viennent chercher chez moi, je crois et c’est ainsi que je les accueille. Anaïs, je l’avais vue dans un film d’Emmanuel Mouret, CAPRICE, et je l’ai trouvée formidable. Au départ, je projetais quelque chose de treĢ€s réaliste dans son personnage et puis, au fil d’une discussion au café avec elle, je lui ai dit qu’elle était comme Zézette dans LE PEĢ€RE NOËL EST UNE ORDURE, en imaginant quelque chose d’un peu inconséquent elle ouvre la porte, elle dit une connerie et elle ferme la n’y a jamais de moquerie ou de mépris envers les personnages. Vous parvenez aĢ€ leur trouver une poétique propre. Je pense que c’est lié au fait que j’ai des envies de cinéma. Je me dis qu’un film doit faire un peu reĢ‚ver, esthétiquement, émotionnellement. Ici, le décor fait reĢ‚ver. Cette nuit, elle fait reĢ‚ver. Et les personnages doivent aussi faire un peu reĢ‚ver. BenoiĢ‚t, avec ce vieux holster, me fait un peu reĢ‚ver, mais de manieĢ€re douce, sans que ce soit trop voyant ou moustache ou cette coupe de cheveux, c’est aussi un vrai plaisir pour les comédiens. Absolument. Ce n’est pas un déguisement, c’est une envie de fabriquer quelque chose de singulier. J’ai envie que ces personnages existent en vrai. Et c’est la meĢ‚me chose pour les décors ou l’esthétique, de manieĢ€re plus générale. Ici, tout compte, les meubles, les décors, les acteurs, alors que la comédie est souvent juste un lieu pour faire rire, mais de moins en moins pour faire réellement du cinéma. Sur un film comme TOOTSIE de Sidney Pollack, la direction artistique est dingue. C’est ça qui fait que je vibre je suis dans un puis, il y a l’alchimie entre les comédiens. Oui, il se passe vraiment quelque chose quand tous sont heureux d’eĢ‚tre laĢ€. On le sent immédiatement quand ils ne sont pas heureux d’eĢ‚tre ensemble. Alors on cache la miseĢ€re avec du découpage, de la musique, mais au final, on a le sentiment bizarre de voir un truc faux car les gens ne s’aiment pas. Tant que je n’étais pas suĢ‚r que ça marche entre Grégoire et BenoiĢ‚t, je froĢ‚lais l’échec en permanence car aucun artifice n’aurait pu récupérer ça. Ils sont trop souvent ensemble. Mais tout s’est passé merveilleusement bien. Quand les acteurs sont heureux de travailler ensemble, cette sensation parvient au spectateur. C’est d’autant plus important dans un film ouĢ€ l’on reste un bon moment avec deux comédiens dans une seule pieĢ€ce, dans un film doté d’une formule un peu bizarre une courte durée pour un long-métrage mais un rythme finalement assez faites de longues répétitions avec les comédiens avant le tournage ? Non. On a répété un peu le samedi avant le tournage, dans le décor, pour que les acteurs se rencontrent et s’approprient les lieux. En fait, nous avons trouvé la note le premier jour de tournage. On creusait les choses ensemble. L’erreur serait de robotiser des acteurs aussi puissants que BenoiĢ‚t et Grégoire, en leur demandant de respecter le texte aĢ€ la y a peu de musique contrairement aĢ€ vos autres films, en tout cas, elle se fait plus discreĢ€te. Et puis aĢ€ la fin, il y a ce morceau orchestral presque un peu atone. C’est la premieĢ€re fois qu’il y a si peu de musique et surtout pas de musique électro. La musique du film, ce sont les voix, les dialogues. Ça aurait été un contresens de rajouter de la musique en fond. L’idée pour le morceau de fin, c’était de faire une musique française aĢ€ la François de Roubaix. J’avais fait une liste d’instruments que je souhaitais faire entendre aĢ€ David, le compositeur de la n’a d’ailleurs pas l’impression que les sons du commissariat soient treĢ€s présents. Ils semblent présents et absents aĢ€ la fois. On avait ajouté plein de sons de portes qui claquent, de téléphones qui sonnent, mais en fait, ils annulaient le film. On a alors retiré des choses, baissé d’autres. Ce relatif vide sonore auquel on a abouti faisait peur aĢ€ plein de gens. Mais j’ai tenu bon. Il fallait que tout soit moindre des choses, quand on fait un film avec quelques personnages qui se parlent dans un meĢ‚me lieu, c’est que ce soit confortable. Si c’est anxiogeĢ€ne et moche, si la lumieĢ€re est crue, alors c’est comme une prise d’otages pour les AVEC BENOIĢ‚T POELVOORDE Connaissiez-vous le travail de Quentin Dupieux avant qu’il vous propose AU POSTE !? Non, je n’avais vu que RUBBER, sans savoir que c’était de lui. En revanche, on s’était croisé chez un ami commun quand il était plus jeune mais on ne s’était jamais revu. J’ai tout de suite aimé le scénario que j’ai lu en étant constamment plié de rire. C’est un des scénarios les plus droĢ‚les et mieux écrits que j’ai pu lire. On est allé boire un verre et j’ai tout de suite compris que j’avais affaire aĢ€ quelqu’un de treĢ€s singulier. On était censé se voir une heure pour faire connaissance, se renifler le derrieĢ€re, et finalement on a passé toute la soirée ensemble. J’étais venu avec une teĢ‚te de cheval en plastique que j’avais trouvée dans un magasin de farces et attrapes. On s’est beaucoup amusé!C’est important pour vous de bien vous entendre avec un réalisateur? Pas nécessairement de bien s’entendre, mais au moins de savoir pourquoi on est laĢ€. En vieillissant, j’ai besoin de savoir ce que le réalisateur a en teĢ‚te. Quentin sait exactement ce qu’il veut. Il est impressionnant de précision. Il travaille d’ailleurs sans combo soit l’écran de controĢ‚le aujourd’hui utilisé sur presque tous les tournages, sans perdre une seconde, sans personne d’inutile sur le plateau. Il fait lui-meĢ‚me la lumieĢ€re et le cadre, si bien que contrairement aux autres tournages, je n’ai quasiment jamais attendu entre les prises! On n’a fait que travailler, travailler, ce qui m’a beaucoup aviez-vous envisagé le personnage? Je ne prépare jamais les personnages. Si j’aime un projet, je viens compleĢ€tement vierge, je suis treĢ€s malléable. Avec Quentin, on n’a d’ailleurs jamais parlé du personnage. Ce n’est pas son genre. Rien de ce qu’il fait ne s’apparente aĢ€ la façon tradi- tionnelle de faire du cinéma. On a simplement fait une lecture un apreĢ€s-midi avant le tournage avec Grégoire Ludig et Marc Fraize, de manieĢ€re aĢ€ poser les bases. Par contre, il exige de connaiĢ‚tre son texte par cœur, ainsi que le texte de son partenaire, et ce, deĢ€s la répétition! C’est important car les dialo- gues fonctionnent sur du tac au tac, ça doit frotter constamment. Et puis, il y avait toujours le risque de faire certaines sceĢ€nes en un seul plan, avec l’impos- sibilité de rattraper quoi que ce soit au montage si ça ne marchait pas. Donc on doit tout connaiĢ‚tre sur le bout des doigts. Parfois, il y avait plus de dix pages de dialogues aĢ€ apprendre. C’était au fond un peu comme au théaĢ‚tre, alors que sur un film, générale- ment on peut dire une réplique, couper, reprendre, etc. Quentin déteste le cinéma ouĢ€ on découpe, ouĢ€ on fait un raccord dans l’axe, un plan serré, jeu est dans une sorte d’entre-deux étrange, ni haut en couleur comme dans certains films, ni taciturne ou dépressif comme dans d’autres, mais au milieu du gué. Cela me fait plaisir d’entendre ça ! Quentin m’a permis d’éviter que je me repose sur mes acquis. Il le fait parfois de manieĢ€re un peu seĢ€che d’ailleurs, il est direct, frontal ! Je suis orgueilleux comme tous les acteurs, et le premier jour, j’étais un peu déstabi- lisé. Mais nous avons fini par trouver nos marques. Pour rire, je lui disais j’espeĢ€re que ça vaut la peine de s’enfermer pendant un mois dans la maison des communistes Ā». Visiblement, ça en valait la peine ! En tout cas, Quentin était treĢ€s attentif aĢ€ la mélodie des voix. Il y a un son qu’il voulait entendre et il m’a poussé aĢ€ le trouver, en retranchant mes petites scories d’acteur. Il a souvent d’excellentes indications de jeu. La premieĢ€re séquence au téléphone, on l’a faite deux jours de suite, deĢ€s le début du tournage, car on ne trouvait pas tout aĢ€ fait le bon y a quelque chose qui a changé sur ce film dans votre manieĢ€re d’appréhender le jeu ? Je ne sais pas, mais en tout cas, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Mais je crois qu’il ne faut pas commencer sa carrieĢ€re avec un film de Quentin, car ensuite les autres tournages paraissent d’une len- teur et d’un gaspillage d’énergie incommensurables. Chez lui, toute l’énergie est concentrée sur le travail, c’est treĢ€s enrichissant. Il est arrivé, par exemple, qu’on refasse une prise une trentaine de fois. Il faut eĢ‚tre treĢ€s résistant. Du matin au soir, on passait de Dupieux au pieu! Mais avec cette méthode, aĢ€ la fin, on fait corps avec son personnage. En tant que comé- dien, on se débarrasse de tous les trucs sécurisants. Il nous demande de ne pas nous planquer derrieĢ€re des vieux trucs d’ quoi par exemple ? Si par exemple on connaiĢ‚t mal son texte, on va prendre des temps qui ne servent aĢ€ rien, ou alors on va forcer sur certains mots parce qu’on sait que ça rendra bien. Il perçoit tout de suite ces choses-laĢ€. Mais ça ne l’empeĢ‚che pas d’eĢ‚tre détendu. C’est quand meĢ‚me le seul réalisateur que je connaisse qui est venu sur le plateau avec son chien! Moi aussi je viens avec mon chien, mais un réalisateur norma- lement n’a pas le temps de s’occuper de son chien!C’était compliqué de jouer ce ton comique qui n’est pas tout aĢ€ fait comique, mais qui doit quand meĢ‚me faire rire ? Ce n’était pas simple, en effet! Et comme on n’avait pas de combo, on ne savait pas toujours si ça allait marcher, une fois le film monté. Il n’y avait pas de scripte non plus, qui aurait pu nous dire ce qu’on avait tourné ou pas. Il y avait juste une jeune fille qui nous soufflait et nous faisait répéter le texte. Parfois, je ne savais plus si on avait vu telle partie ou pas, d’autant plus qu’aĢ€ certains moments du film, on redit la meĢ‚me chose trois ou quatre fois, mais différemment. Et puis, on ne tournait jamais dans l’ordre. Mais c’était treĢ€s excitant, ça nous obligeait aĢ€ eĢ‚tre constamment dans une mécanique de connaissiez Grégoire Ludig, votre partenaire ? Non, je ne l’avais jamais rencontré. C’est un comédien extraordinaire. La grande force de Quentin, c’est qu’il sait treĢ€s bien s’entourer. Je crois qu’il faut vraiment eĢ‚tre treĢ€s bon acteur pour jouer avec Dupieux. On peut treĢ€s vite perdre pied si on n’a pas les épaules solides. Je me souviens d’une sceĢ€ne ouĢ€ il y avait plusieurs figurants. Au fil des prises, on en voyait de moins en moins! Il les virait un aĢ€ un, alors qu’ils ne parlaient meĢ‚me pas ! Mais visiblement, ils n’étaient pas assez bons. Il pouvait nous faire tenir sur quatre minutes sans couper dans un dialogue avec un autre acteur. Il faut avoir un peu de bouteille pour tenir la distance, surtout si on n’a jamais fait de théaĢ‚tre, ce qui est mon et Grégoire Ludig vous eĢ‚tes vite apprivoisés? Oui, on s’est entendu tout de suite. Il est treĢ€s rieur et je le suis aussi. C’est bien simple, on riait tout le temps. On avait tous les deux aĢ€ cœur d’eĢ‚tre généreux avec l’autre. Et puis, jouer devant un type qui a une moustache pareille, ça aide! On riait tous les jours de cette moustache qu’il assumait avec AVEC GRÉGOIRE LUDIG Comment avez-vous rencontré Quentin Dupieux? Quentin m’a envoyé un message directement sur Twitter. C’était une prise de contact directe. Je trouve pas mal que les réseaux sociaux puissent aussi servir aĢ€ ça. C’est un peu aĢ€ l’image de Quentin, il va droit au but! Puis on s’est vu, on s’est plu, et j’ai lu le scénario qui m’a épaté. Tout s’est passé assez simplement. Je n’étais pas un grand connaisseur de son cinéma ou de sa musique mais j’avais vu RÉALITÉ et STEAK. Du coup, je ne suis pas arrivé avec des idées préconçues ou des automatismes censés le séduire. Quentin prend des acteurs qu’il aime et qui font sens avec les personnages qu’il écrit. La simplicité de Fugain, mon personnage, il l’a vue dans le roĢ‚le de Pierrick que j’ai joué dans ET TA SŒUR de Marion Vernoux. J’étais capable d’eĢ‚tre normal et pas seulement de faire l’idiot avec une moustache. Je joue donc un mec normal, mais avec une moustache!On a justement beaucoup parlé de normalité et de quotidien avec Quentin Dupieux aĢ€ propos de AU POSTE!... Il fallait eĢ‚tre un peu l’œil du spectateur. L’idée était de jouer ce personnage de façon normale, sans jamais eĢ‚tre dans le surjeu. En tout cas, c’est la direction que m’a donnée Quentin. J’aimais bien, aĢ€ la lecture, le fait que les personnages soient tous hyper bien dessinés mais que finalement on ne sache pas grand-chose d’eux, qu’ils restent un peu flous. Fugain regarde des émissions avec des chevaux, sa femme dort aĢ€ ses coĢ‚tés, mais tout reste un peu mystérieux. Pour autant, on ne se pose pas trop de questions, ce ne sont pas des excentriques, on les suit dans leur normalité. C’est ce qui me plaisait faire une comédie avec un mec dimension était-elle déjaĢ€ perceptible au scénario ? Oui. Ce qui était droĢ‚le dans le scénario, c’est ce décalage entre un mec qui va eĢ‚tre interrogé dans une affaire criminelle et qui a l’air moins préoc- cupé par le fait d’eĢ‚tre possiblement suspect que par la fermeture des restaurants, vu qu’il a treĢ€s faim! Et en meĢ‚me temps, il est sous l’autorité de la police, alors il ne l’ouvre pas trop. Mais le personnage est tellement sympa et arrangeant que de toute façon, il ne penserait pas vraiment aĢ€ l’ouvrir. Il est un peu naïf. Quand il fait remarquer au personnage joué par BenoiĢ‚t Poelvoorde que de la fumée sort de son ventre, la réponse du commissaire suffit aĢ€ lui faire accepter cette le Palmashow, vous croquez les person- nages en poussant un peu le curseur vers l’exceĢ€s, la caricature. LaĢ€, on a le sentiment qu’il fallait au contraire baisser ce curseur. Oui, il fallait apporter du rien Ā», tout en habitant le personnage. Si on ne l’habite pas, il y a un risque que le spectateur s’ennuie rapidement. Et il était treĢ€s important que mon personnage reste sympa. ApreĢ€s tout, c’est un Monsieur tout-le-monde, on doit eĢ‚tre de son coĢ‚té quand il essaie de cacher le corps ou quand il ment. Il est un peu comme Ned Flanders dans Les Simpson, le voisin sympa, qui a une moustache aussi d’ailleurs, avec le meĢ‚me coĢ‚té flegmatique, un peu aĢ€ l’ la lecture du scénario, aviez-vous des références de personnages ou d’acteurs en teĢ‚te? Non, j’étais tellement plongé dans l’histoire que je me suis surtout imaginé ces deux gars. Le scénario est tellement éloigné de tout ce que le cinéma peut proposer que j’avais le sentiment d’eĢ‚tre face aĢ€ une sorte de pépite, un ovni. Avec Quentin, on a un peu cherché le personnage. Quentin m’a dit tu es un peu Magnum, tu as une chemise ouverte, t’es un peu sympa, un peu gentil, un peu profiteur aussi mais pas compleĢ€tement non plus, tu es un vieux gars sympa, le voisin de palier qui peut oublier d’éteindre le gaz mais involontairement Ā». En tout cas je ne voulais pas qu’il fasse de blagues, ni le rendre droĢ‚le de façon artificielle. D’ailleurs, il tente une fois de faire une blague mais ça ne marche été facile pour vous de trouver le personnage ? Oui, c’est allé plutoĢ‚t vite. On a fait une répétition avant, une petite matinée de rodage. Le rythme des répliques était treĢ€s important. Il fal- lait que le rythme soit un peu soutenu, meĢ‚me si l’atmospheĢ€re reste un peu apathique. Tout a roulé assez vite. J’avais quand meĢ‚me des Rolls face aĢ€ moi BenoiĢ‚t Poelvoorde, Marc Fraize, Philippe Duquesne. On était content de se retrouver le matin, on était bien ensemble, meĢ‚me s’il n’y avait pas de feneĢ‚tre ni de lumieĢ€re. Et Quentin laisse libre cours aux acteurs et aĢ€ la comédie. C’est quand meĢ‚me agréable de ne pas eĢ‚tre coupé au bout de vingt secondes pour faire un autre a-t-il eu quelques moments d’improvisation ? Non, treĢ€s peu, peut-eĢ‚tre un ou deux mots ajoutés mais Quentin connaiĢ‚t tellement la musique de ses phrases qu’il n’y a rien besoin d’ajouter. Il n’est pas musicien pour rien. Il a toujours été direct mais bienveillant, sans jamais eĢ‚tre arrogant ou préten- tieux. C’est simplement quelqu’un qui sait exacte- ment ce qu’il la premieĢ€re fois que vous travailliez avec BenoiĢ‚t Poelvoorde ? Non, je l’avais croisé sur LES ÉMOTIFS ANONYMES de Jean-Pierre Améris. AĢ€ mon grand étonnement, il s’est souvenu de moi. On s’est mer- veilleusement bien entendu. Je suis fan de tout ce qu’il a fait, en particulier de C’EST ARRIVÉ PREĢ€S DE CHEZ VOUS et MONSIEUR y a un vrai gouĢ‚t pour les duos chez Quentin Dupieux. Vous-meĢ‚me fonctionnez sur un duo dans le Palmashow. On imagine bien que c’était un bonheur de former ce duo avec BenoiĢ‚t Poelvoorde, qui partage comme vous cette double culture cinématographique et télévisuelle. Oui, ce qui me plaiĢ‚t dans les duos, c’est l’ef- fet ping-pong. Je fais ce métier pour partager ce que je joue, ce que je vis. Sur le Palmashow, l’osmose que nous avons David Marsais et moi ne s’explique pas. Face aĢ€ BenoiĢ‚t, c’est encore autre chose. Je voyais son œil qui pétillait et qui semblait me dire je serai aĢ€ l’écoute, je vais te balancer une petite vanne pour que tu rebondisses encore mieuxĀ». C’est magnifique de jouer dans ces conditions. On sent que personne ne va tirer la couverture aĢ€ l’autre. C’est l’essence meĢ‚me des duos. On sait que l’autre ne va pas nous emmerder, que ça va eĢ‚tre zenĀ». Parfois, ça tient aĢ€ rien. Par exemple, quand BenoiĢ‚t doit sentir l’odeur de chair bruĢ‚lée sur le briquet, il a eu un mouvement de recul et a eu cette sorte d’onomatopée inattendue Ouuuuuuuu !!! Ā». Comme je ne m’attendais pas aĢ€ une telle réaction, j’ai éclaté de rire. Que ça me fasse rire, ça a détendu BenoiĢ‚t. Ça a été déclencheur d’une bonne humeur et d’une grande sérénité entre pensez que pour qu’un film comique soit réussi, il faut aussi que les acteurs s’amusent? Je crois, oui. Quand on s’amuse pour de vrai, qu’on ne fait pas de private joke Ā» et qu’on n’essaie pas d’eĢ‚tre droĢ‚le, ça se voit aĢ€ l’image. On peut aimer ou pas, mais on ressent quand les acteurs ont pris du plaisir aĢ€ faire faut une sincérité du comique. Oui, exactement. Ce qu’on retrouve jusque dans le personnage que joue BenoiĢ‚t d’ailleurs. Quant aĢ€ Fugain, je l’ai aussi abordé avec beaucoup de sincérité, sans aucun surplomb. La force du per- sonnage de Fugain, c’est qu’il y croit jusqu’au bout. AĢ€ la fin, quand on lui annonce qu’il jouait en fait dans une pieĢ€ce de théaĢ‚tre, il est hyper content. Moi, je serais parti immédiatement en les traitant de grands malades! Mais pas Fugain. Sa grande qua- lité, c’est son premier degré. C’est moustache man Ā», ce n’est pas un guerrier, il ne raĢ‚le avec une moustache influe-t-il sur le jeu? Oui, compleĢ€tement. Une moustache raconte tellement un homme. Elle est bien fournie, on dirait une fausse, le genre qu’on pose avec un velcro. Mais en fait non, c’est une vraie moustache, avec laquelle j’ai vécu pendant deux mois, au grand plai- sir de ma copine! Ça aide parce qu’une moustache, c’est comme un chapeau, un costume, ça donne une autre contenance. Tous les matins, au maquillage, je voyais cette gueule dans le miroir, les cheveux en arrieĢ€re et la moustache au-dessus des leĢ€vres. Ça suf- fisait aĢ€ poser le personnage, inutile d’en rajouter des tonnes. Un regard, un clignement d’œil, avec ou sans moustache, ça change tout! C’était assez cool d’avoir une moustache en fait. Dans les sketchs avec David Marsais on se fait souvent une moustache, mais pour de faux. Une fois le sketch terminé, on l’enleĢ€ve. LaĢ€, je vivais dans le corps de Fugain en qui est treĢ€s réussi dans le film, c’est qu’il pourrait n’eĢ‚tre qu’un objet un peu décalé et absurde, mais il est plus que ça, on est vraiment dans du cinéma poétique, dans une reĢ‚verie. Est-ce que vous le sentiez pendant le tournage? Oui. Rien que le fait d’eĢ‚tre plongé dans ce commissariat imaginé, pendant trois semaines, on avait l’impression d’eĢ‚tre sur une autre planeĢ€te, sans compter les reĢ‚ves dans les reĢ‚ves, les illustrations, les flashbacks qui n’en sont pas vraiment. Et puis, il y a aussi ce que raconte le film. Ce sont des personnages qui doivent faire avec le temps. Le personnage de Poelvoorde passera le temps qu’il faudra pour résoudre son enqueĢ‚te. Fugain, lui, attend. On est dans une temporalité qui flotte. On ne sait jamais vraiment ouĢ€ on est. AĢ€ Paris? Ailleurs? En 2018? En 1980? Il y a un flou volontaire que j’aime bien et qui m’a forcément influencé dans le recueillis par Jean-Sébastien Chauvin

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